Le Bassin
vu par les écrivains

« Sur la dune de l’océan, rien ne donne l’époque ; on se croirait aux premiers âges du monde » - Jean Cocteau

Le Bassin vu par les écrivains

Le Bassin d’Arcachon, c’est d’abord et avant tout un ailleurs. Un « Far West », un « rivage nègre », « des paysages du Texas », ainsi que le décrivait Jean Cocteau. Ses horizons, ses patronymes, ses senteurs et ses couleurs, mais aussi ses cabanes et leurs intérieurs, sont teintés d’un exotisme dépaysant. Souvent, on pense à l’Afrique, son Sahara et ses kilomètres de dunes, parfois, c’est aux Colonies d’Océanie ou des Antilles qu’il nous semble être transporté.

Et pourtant rien ici n’est importé, tout est authentique, façonné par les vents et les marées, la rencontre des eaux douces et salées, la nature des sols et leur végétation variée. Dans cet environnement généreux, les hommes ont su magnifiquement  s’adapter, puisant leur richesse dans celles de la mer, construisant leurs maisons et leurs embarcations à l’aide des matériaux de la forêt, ne développant finalement rien d’autre qu’un art de vivre accordé.

« On se croirait aux premiers âges du monde », écrivait ainsi Cocteau. Et si le Bassin a connu des évolutions et des transformations depuis les années 1920, époque où le poète y séjourna, il n’en continue pas moins d’apparaître comme hors du temps.

« On rame, on dort, on se roule dans le sable, on se promène… » racontait enfin Cocteau à sa mère. Et avec ses décors d’ailleurs et son art de vivre intemporelle, le Bassin d’Arcachon s’offre effectivement comme un lieu de villégiature exceptionnel, où chaque sens et la moindre exigence trouvent à se combler.

Citations d’écrivains sur le Bassin d’Arcachon


Jean Cocteau

« On ne rencontre personne, sauf un ou deux pêcheurs et le soleil chauffe la belle dune ».

« On se délasse à Piquey, au bord du Bassin d’Arcachon ».

« Sur la dune de l’océan, rien ne donne l’époque; on se croirait aux premiers âges du monde ». (150 ans d’Arcachon)


Jean Anouilh

Deux de ses poèmes évoquent le Bassin d’Arcachon « Le Bernard l’Hermite » et « La vive ».


Sarah Bernhardt

« Je me rappelais surtout le Cap Ferret qui m’avait frappée par son exposition sauvage et solitaire ».

« Andernos est le pays béni pour les esprits rêveurs, pour les corps endoloris. (…) Andernos est le pays des roses, des rossignols, des chiens et des doux crapauds dont la chantante plainte donne la réplique au triomphant rossignol ».

« Dans ce ravissant Andernos, pas de maisons hautes ; toutes les villas sont dominées par les arbres ; et partout le ciel reste maître de la vue. Et ceci m’est une joie immense, car j’ai la folie des horizons ».

« Je dois à ce doux pays ma rapide convalescence. Je lui dois aussi une pleine reconnaissance pour les minutes où son ciel  lumineux et son calme splendide me faisaient oublier les heures sanglantes que nous traversions. Alors, mon âme apaisée par la beauté qui m’entourait remerciait Dieu de m’avoir créée française ».


Jean Hugo (arrière-petit-fils de Victor Hugo)

« Aucun lieu de France ne ressemble à ce qu’était alors la rive occidentale du Bassin d’Arcachon : un pays sans terre, sans pierres, sans chemins ; rien que du sable, une eau transparente, des forêts de pins, des huttes de planches. Au milieu du Bassin, l’île-aux-Oiseaux, les parcs à huîtres, semblables à marée basse, à des villes lacustres en miniature ; à marée haute, indiqués seulement par une ligne de points ; au loin, montagne de neige, Fujiyama de ce paysage japonais, la grande dune du Pyla. A la fin du jour, le ciel, l’eau et le sable étaient du même rose : on se croyait à l’intérieur d’une perle ».


François Mauriac

« Le charme d’Arcachon ici se révélait à nous : à Arcachon, l’océan se fait petit pour les plaisirs et pour les jeux humains : il joue avec les enfants des hommes ».

« La marée a recouvert les bancs de sable. Le soleil déclinant dessine à la surface des eaux un éventail immense de clarté ». (150 ans d’Arcachon)


Charles Daney 

« Depuis bientôt quatre mille ans, la mer et le vent entretiennent ainsi le Bassin d’Arcachon et la dune du Sablouney en souvenir de la plus belle et de la meilleure des fées ».


Gabriele D’Annunzio 

«  J’ai trouvé ce renouveau dans une province de France, tendre et recueillie : des pins et des dunes légères, des contours harmonieux et discrets qui me rappellent mes chères campagnes de Pise ; c’est près d’Arcachon : une villa dans les pins, et la mer tout proche ; j’y vais revenir, et j’y chercherai le repos ».

« Veuillez saluer de ma part les beaux pins blessés et les genêts d’or. Ils embaument toujours dans mon souvenir fidèle. » (150 ans d’Arcachon)


La presse anglaise (John Howard, Brighton Herald, 1911)

« L’air est imbibé d’un parfum de pin qui est des plus agréables et vous apporte la santé. (…) Un tel pays peut bien être appelé « un bienfait de Dieu » ».


Henri de Régnier

« En allant vers Le Moulleau, la côte, avec sa dune plantée de pins, a une certaine grandeur mélancolique ».

Evoquant la dune du Pilat : « Etrange lieu que cette montagne sablonneuse, d’où l’on domine à la fois la mer et la forêt. Toutes deux s’étendent sous un ciel pur et bleu, dans un silence que rien ne trouble. On a là une impression de désert et de paix ».


Marquise de la Grange (19ème siècle)

« A travers les branches de l’arbousier et du tamarin, je voyais le soleil couchant commencer à rougir la pointe du Cap Ferret ».


Louis Branlat (19ème siècle)

« Arcachon !... Arcachon !... Il semble que dans ce mot qui résonne, il y ait une magie. »


La Gautraie (20ème siècle)

« Arcachon se repose à Moulleau et se recueille à Pyla. (…) Il y a de la clarté, de la joie, de l’air pur, du soleil pour tout le monde. Les plantes et les oiseaux ont quitté le Paradis pour fonder une colonie terrestre édénique dans ce parc d’amour dont les voies blanches et douces ont des échappées vers le ciel. »

« Quand le soleil descend à l’horizon, (…) tout Arcachon a les yeux dirigés vers le couchant irradié sur lequel se détachent en grisaille les frondaisons du Cap Ferret. (…) Pointe de terre indéfinissable, elle s’enfonce dans les eaux comme un harpon, borne le Bassin, arrête l’océan et éclaire de son phare puissant tour à tour une mer méchante et des eaux bienheureuses. »


Jean Balde (20ème siècle)

« Autour de ce rond miroir d’eau, le Bassin d’Arcachon, un cirque sinueux profile ses lisières de pins et de sable, boursouflées de dunes, les unes boisées d’un vert de bronze, d’autres sauvagement nues, aux crêtes d’argent rose, couleur de désert. Partout un océan de silence et de solitude. Les petits villages de pêcheurs ressemblent à des vols d’oiseaux de mer posés sur la plage ».

« L’enchantement du Bassin, combien d’artistes l’ont éprouvé ! Pour le très grand paysagiste qu’est Van Hasselt, ce rond miroir d’eau est un royaume merveilleux, où jouent les reflets, les vents, le soleil et l’eau. Il y a les après-midi où la voile se pose comme un blanc papillon d’été sur l’arène d’un bleu étincelant, un bleu de pierre précieuse ».

« Arcachon […], où que j’aille, son ciel, ses goélands, sa belle atmosphère salubre et marine hanteront mon cœur fidèle et charmé. » (150 ans d’Arcachon)


André Armandy (20ème siècle) 

« Bleu, serti d’or dans son écrin de forêt toujours vert, le Bassin d’Arcachon avait la quiétude d’un beau lac italien ».


Christine de Rivoyre

« Le Bassin. Qu’il était beau dans le soleil. Et attirant. »


Michel Suffran 

« Avant même d’être un lieu, le Bassin d’Arcachon brille en moi ainsi qu’une lumière. Oui, une sorte de lueur palpitant sur l’horizon. »


Maurice Lanoire (19ème siècle) 

« Le sable, les pins, le bleu du bassin entrevu à travers les grands gestes des branches étaient pour nous un monde magique où l’on pénétrait une fois l’an ».


Julien Gracq (20ème siècle)

« Nulle part en France les grands éléments naturels (…) ne se présentent comme ici en grandes masses simples et homogènes, d’une pureté qu’on dirait native, comme au long d’une mangrove d’Afrique ou d’une grève de Papouasie : pas un golfe, pas un rocher, pas une embouchure, pas une île, pas un phare, pas un champ, une saline ou une pêcherie, mais simplement la forêt, la plage, la mer. »


Elie Menaut 

« Je plains les gens qui vont chercher aux 400 diables un exotisme frelaté. Le bassin d’Arcachon leur offre tous les résumés de la vaste terre ». (150 ans d’Arcachon)


Camille Saint-Saens

« Arcachon, le rêve des rêves ». (150 ans d’Arcachon) 


Michèle Perrein 

«  C’est physiquement que j’aime le Cap Ferret. Il fait partie des lieux où je respire un air à moi. Il me suffit d’y être ».


Harald Friedl 

« Le bassin d’Arcachon, ce « Tahiti bordelais » ».